Enfants (très) rapprochés

 

Comme vous le savez maintenant, nous avons deux enfants très rapprochés, 17 petit mois d’écarts.

Dans cet article, je ne veux surtout par prendre part au débat un peu polémique sur l’écart d’âge idéal entre les enfants. Pour moi, aucun écart n’est idéal. Il y a des avantages et désavantages à chaque âge. Ici, je vais simplement vous expliquer mon ressenti et celui du papa puisqu’il est en guest-star à la fin de l’article (la classe!).

Tout d’abord, nous avons des enfants rapprochés par choix. Dés la naissance de Jules, je n’attendais qu’une chose, retenter l’expérience. La grossesse de Jules avait été idyllique, malgré les petits maux que nous connaissons toutes. Mon mari était plus que partant, du coup aux 6 mois de Jules, nous avons décidé de se lancer dans l’aventure (de l’écrire, je me dis qu’on était un peu fou quand même ahah).

J’ai mis deux mois à tomber enceinte. Ma grossesse s’est bien déroulé aussi, sans encombres. Jules voyait bien mon ventre grossir mais étant donné son âge, on en parlait peu devant lui. 9 mois c’est une éternité pour un enfant si bébé.

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Vers ses 1 ans, nous lui avons acheté le livre « Tchoupi a une petite soeur » et on lui a lu de temps en temps. Il le réclamait de plus en plus souvent. Ca devenait un peu plus concret pour lui.

Comme j’ai pu l’expliquer dans l’article Un début SO British, le début de ma grossesse a été un peu angoissante par « manque » de suivi. Et la fin a été un peu angoissante parce que je voyais devant moi le bouleversement qui allait s’opérer dans notre famille ! J’ai eu beau chercher sur internet des articles pour expliquer comment c’était réellement d’avoir des enfants rapprochés, je tombais seulement sur des articles « pourquoi c’est top des enfants rapprochés ». Pas d’articles sur le ressenti, sur l’organisation etc.. Une amie à ma soeur a bien voulu m’éclairer et surtout me rassurer  (merci Laure si tu me lis ;)).

Alors voilà mon ressenti (qui est très personnel forcément!)

Ce que j’ai détesté:

  • la rupture que cela a engendré dans ma relation avec mon fils. J’ai encore beaucoup de mal à en parler tellement ça a été douloureux pour moi. Les larmes me montent très facilement. Mais à la naissance de Romane, Jules m’en a voulu, et comme il ne parlait pas, son moyen d’expression a été de me rejeter. Tous les jours. Il ne voulait pas que je le sorte du lit, il ne voulait pas que je le change, il ne voulait pas que je lui donne à manger. Il ne voulait plus de moi. Il ne voulait que son père, qui n’était pas là la semaine. Forcement, cela a été difficile a gérer tant émotionnellement mais aussi en terme d’organisation. Cela prenait un temps fou de faire quoi que ce soit. Je posais donc Romane dans son parc le temps de gérer Jules, le calmer, le câliner (quand il voulait bien, ahah), et enfin faire ce que j’avais besoin de faire avec lui. Cet « étape » s’est vraiment arrêtée lorsque Romane a été moins collée à moi et quand elle est devenue plus indépendante (peut-être du coup plus intéressante à ses yeux). Heureusement Romane a été tonique assez tôt.

Ce que j’ai moins aimé:

  • La fatigue forcément. Pas de nuits vraiment complètes pour moi avant les 1 ans de Romane. Entre les premiers mois où elle ne faisait pas ses nuits (jusqu’à 5mois), et ensuite les maladies dû aux dents qui percent chez Jules, puis chez Romane, puis les microbes en tout genre.
  • Les microbes communs ! Nous avons mis Jules à temps partiel à la crèche 1 mois avant la naissance de Romane pour l’habituer aux autres enfants et puis pour que je puisse souffler un peu (faut bien l’avouer, à 8 mois de grossesse je me traînais !). Mais du coup, il a chopé tous les microbes de la crèche au moment de la naissance de Romane. Le résultat: 2 séjours à l’hôpital pour Romane en 2 mois et demi. Du coup on a retiré Jules de la crèche, le temps que Romane grandisse et que son système immunitaire se retape.

Ce que j’ai aimé:

  • Quelque part j’ai aimé être dans ce tumulte, dans toutes ces émotions. C’était fort, intense, difficile, éreintant, mais c’est aujourd’hui que je vois les bénéfices.

Ce que j’ai adoré et que j’adore encore:

  • Sans hésiter, la relation magnifique qu’il y a entre mes enfants. Autant Jules a été « difficile » avec moi, autant il a adoré sa soeur dès son arrivée. Il lui faisait des bisous et des caresses quand elle dormait. Il essayait de l’apaiser quand elle pleurait. Vraiment, un lien s’est fait entre eux. Aujourd’hui, ce lien est de plus en plus fort. Je ne pense pas que ce soit la même chose que des jumeaux, mais on est je pense pas très loin en terme d’osmose. Ils ont pourtant des caractères vraiment opposés, entre Jules qui est plutôt réservé avec des émotions à demi-mots et Romane complètement exubérante avec des émotions qui explosent.

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Alors maintenant comme promis, le guest-star, mon mari:

Ce que tu as détesté:

  • En fait, tout se mélange un peu. Comme j’ai commencé à être en déplacement peu de temps après la naissance de Romane, j’associe malgré moi l’arrivée de Romane à mon absence et ça, bien sûr je déteste. J’ai eu le sentiment d’avoir perdu les premiers mois de Romane pour créer un lien avec elle. On a rattrapé le temps perdu maintenant, mais au début c’était difficile de rentrer, et de me faire accepter par un nourrisson qui ne m’avait pas vu depuis une éternité dans son référentiel de temps.

Ce que j’ai moins aimé:

  • Je ne sais pas si on a mal géré, mais à partir du moment où Romane est arrivée, pour les sorties on s’est séparé. Comme on ne voulait pas pénaliser Jules, j’allais faire des activités avec lui (babygym par exemple) et forcément on ne pouvait pas balader Romane toute petite partout. Les fois où on l’a tenté, ça a été très compliqué ahah. Du coup, il y avait peu ou pas de sorties à 4 pendant les 6 premiers mois.

Ce que j’ai aimé:

  • Le fait d’agrandir la famille, c’est beau d’accueillir un nouvel enfant et clairement, quand on est rentré de la maternité avec Jules et Romane à l’arrière, je me suis dit « ça devient du sérieux là ». Et puis tout ce que cela a entrainé, la nouvelle maison, les nouveaux projets.

Ce que j’ai adoré et que j’adore encore:

  • De voir mes deux petits enfants jouer ensemble, pouvoir les prendre tous les deux dans mes bras, avec juste trois kilos d’écarts c’est possible. Ils tiennent tous les deux dans mes bras et ça j’adore. Au final, il y a plus de choses que j’ai aimé et que j’aime encore que je n’ai pas aimé c’est clair. Si c’était à refaire, je ferais exactement la même chose. C’est d’ailleurs peut-être aussi pour ça que je veux attendre pour le 3e, c’est que c’est tellement parfait en ce moment, que je veux absolument en profiter.

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J’espère qu’à travers cet article j’ai réussi à faire transpirer le bonheur que c’est d’avoir des enfants rapprochés, mais aussi l’implication que cela demande pendant une grosse année. C’est dur, éreintant même, mais c’est largement (mais alors vraiment) récompensé en bonheur.

Je vous souhaite une belle semaine.

Marie.

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3 commentaires pour Enfants (très) rapprochés

  1. Picou bulle dit :

    Intéressant! C’est un point de vue un peu plus rare, j’ai l’impression, on a tendance à être « raisonnables » dans notre approche du 2ème. Pour ma part j’avais espéré 3 ans d’écart, pour l’entrée à l’école, l’autonomie du 1er etc. Finalement la vie a fait qu’elles ont 2 ans et demi d’écart, et je trouve ça top! (j’aurais juste préféré éviter une naissance en janvier car financièrement ça aura un grand impact!). En tout cas merci pour ton ressenti (et celui de papa!), l’avantage de 2 rapprochés aussi, c’est que tu en ch%#£ un bon coup, mais après tu seras libérée des couches ;o)

    Aimé par 1 personne

  2. Leonardine dit :

    J’ai beaucoup aimé ton article qui me parle particulièrement puisque mes enfants ont 13 mois d’écart (une fille de 15 mois et un garçon de 2 mois). Comme toi, j’ai vécu une période de rejet de la part de ma fille, au départ, qui a recentré tout son affection sur son papa. Mais en revanche elle a toujours été adorable avec son frère et voir l’affection qu’elle lui porte déjà me conforte complètement dans notre choix de les avoir si rapprochés. C’est sûr que c’est un peu sportif mais c’est aussi un immense bonheur de les voir grandir ensemble tous les jours.

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